CAMERA AU POING

Il existe deux types de cinéma : celui réalisé par de vrais cinéastes, mis-en-scène, avec un scénario, des dialogues, des acteurs, une intrigue, et en cas de gros succès, une à plusieurs suites. Sequels en langage pro. L’autre cinéma, c’est celui d’amateur, dit aussi cinéma de papa. À tort car c’est ainsi que furent qualifiés par la Nouvelle Vague, tous les films français tournés avant 1959. Depuis l’invention de la caméra, firmes et techniciens spécialisés n’ont eu de cesse de miniaturiser la caméra et d’en vulgariser l’usage-loisir. Selon la notoriété de la marque, ces caméras coûtaient une fesse. Et comme il fallait que le petit garçon imite son papa, le métier en fit, sinon des jouets, tout du moins des caméras junior. Chaque bio ou autobiographie de réalisateur plus ou moins fameux évoque ce déclic au cinéma provoqué par le cadeau d’une caméra. Avec pellicule, siouplait. Kodak est la marque qui revient le plus souvent. Pathé aussi. Pour les plus nantis ou exigeants, c’était Rollei ou Leica.

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COMÉDIE EN BANG ORGANISÉ

De Ian Fleming, on ne retient généralement qu’il fut le père de James Bond. Un père littéraire, cela va de soi. Mais le gaillard vécut cent autres vies et publia d’autres récits que ceux brodés autour de l’agent 007. Il y eut ses reportages d’après-guerre saisis dans les capitales chancelantes de l’Occident et ce récit pour enfant, plus précisément son propre fils, Caspar, alors âgé de 7 ans. Un récit hautement fantaisiste paru en 1964, exactement deux mois après le décès de Fleming, emporté par une crise cardiaque. Chitty Chitty Bang Bang : The Magical Car était un roman-jeunesse en forme de courroie de transmission : l’idée en était venue à Fleming après qu’il eut visité le domaine de Higham Park, alors propriété d’un certain Walter Whigham.

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CHÂTEAUX BRILLANTS

Les Français sont des girouettes. Voilà deux siècles, la Révolution vidait, bradait et même brûlait les châteaux. En 2020, après deux mois de confinement, ils trépignent à l’idée de les visiter. Bien avant les cinémas, les théâtres, les restaurants, les hôtels et les frontières, depuis le 11 mai, une trentaine de sites parmi les Châteaux de la Loire ont été autorisés de s’entr’ouvrir à la visite publique. Pour la plupart, cela s’est borné aux seuls parcs et jardins, ce qui était déjà fabuleux. Le château de Blois fut ainsi le premier à donner le signal d’un soulagement historique. Début juin, c’était au tour de Chambord. Entre temps, Amboise, Chinon, Villandry et quelques autres avaient rouvert grilles, portails et pont-levis. Économiquement, l’enjeu était de taille. Touristiquement, il est hautement symbolique. Classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis l’an 2000, le Val-de-Loire recense la bagatelle d’environ 3000 sites dont 22 châteaux et domaines de premier plan.

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LE MUST DU MUSK

Prévu le 27 mai 2020, reporté au 30 pour raisons météorologiques, le lancement de la fusée Falcon-9 s’est déroulé sans anicroche en Floride, depuis Cap Canaveral. Comme dans les albums de Tintin. Armée par Space X, la firme pilotée par le mégalo-milliardaire Elon Musk, cette mise-en-orbite d’une navette en direction de la Station Spatiale Internationale (ISS) s’avère la première, dans l’histoire spatiale, initiée et financée par un acteur privé. Certes, rien n’a pu se faire sans la NASA, mais l’idée de renvoyer deux astronautes américains dans l’espace pour faire la nique aux Russes n’était pas pour déplaire aux huiles suprêmes, privées de crédits. Spécialiste des coups médiatiques, comparé à un Jules Verne moderne, capable de baptiser son septième fils du prénom très portable de XAEA-12, Musk y est allé à fond. À bord de sa capsule Crew Dragon, aucune Tesla, aucun Cybertruck, aucun Hyperloop du futur du monde d’après, mais deux hommes d’aujourd’hui, en chair et os.

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EN ATTENDANT LA DEUXIEME VAGUE

Publié pour la première fois en avril 1938 en Belgique par l’éditeur Jean Dupuis, Le Journal de Spirou était articulé autour de la figure espiègle d’un groom d’hôtel, créé par Rob-Vel, vêtu de rouge galonné de noir, calot assorti crânement posé sur une tignasse rousse. Longtemps concurrent et rival du Journal de Tintin, toujours édité à ce jour, Spirou est l’orgueil de la presse-jeunesse d’outre Quiévrain. Un journal bourré de stars en papier inventées par les jeunes turcs de la bédé wallonne. Franquin, Morris, Jidéhem, Will, Eddy Paape, Tillieux, Peyo et Roba, pour exemples les plus illustres. Posté aux antipodes de la Ligne Claire chère à Hergé, l’esthétique Spirou était survoltée, moqueuse, bondissante, dynamique et surréaliste.

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