DE RETOUR LES DIMANCHES À ORLY

Contrairement Ă  ce que l’usager pourrait croire, Orly a toujours existĂ©. En tant que ville dĂ©jĂ . Et en qualitĂ© d’aĂ©rodrome, mis en usage dès 1918, Ă  seul visĂ©e militaire, le service « civil Â» Ă©tant dĂ©volu Ă  l’aĂ©rodrome du Bourget dès 1919. L’ouverture en fanfare de l’aĂ©roport d’Orly-Sud, inaugurĂ© le 26 fĂ©vrier 1961, Ă  11h. pĂ©tantes par le GĂ©nĂ©ral de Gaulle, marquera l’entrĂ©e de la France dans l’ère moderne avec cette aĂ©rogare Sud classĂ©e depuis monument historique. Pour l’État français, il fallait aussi amĂ©nager un cadre idĂ©al au dĂ©veloppement commercial de la Caravelle, bi-rĂ©acteur conçu par Sud-Aviation (futur AĂ©rospatiale), livrĂ© en 1958 et mis-en-service par Air France en 1959. Vitrine symbole de la France au zĂ©nith de ses Trente Glorieuses, l’aĂ©roport d’Orly-Sud sera bâti en trois ans, entre 1957 et 1960. Son architecte, Henri Vicariot (1910-1986), inconnu du grand public, signera lĂ  son plus gros Ĺ“uvre.

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CAMERA AU POING

Il existe deux types de cinĂ©ma : celui rĂ©alisĂ© par de vrais cinĂ©astes, mis-en-scène, avec un scĂ©nario, des dialogues, des acteurs, une intrigue, et en cas de gros succès, une Ă  plusieurs suites. Sequels en langage pro. L’autre cinĂ©ma, c’est celui d’amateur, dit aussi cinĂ©ma de papa. Ă€ tort car c’est ainsi que furent qualifiĂ©s par la Nouvelle Vague, tous les films français tournĂ©s avant 1959. Depuis l’invention de la camĂ©ra, firmes et techniciens spĂ©cialisĂ©s n’ont eu de cesse de miniaturiser la camĂ©ra et d’en vulgariser l’usage-loisir. Selon la notoriĂ©tĂ© de la marque, ces camĂ©ras coĂ»taient une fesse. Et comme il fallait que le petit garçon imite son papa, le mĂ©tier en fit, sinon des jouets, tout du moins des camĂ©ras junior. Chaque bio ou autobiographie de rĂ©alisateur plus ou moins fameux Ă©voque ce dĂ©clic au cinĂ©ma provoquĂ© par le cadeau d’une camĂ©ra. Avec pellicule, siouplait. Kodak est la marque qui revient le plus souvent. PathĂ© aussi. Pour les plus nantis ou exigeants, c’était Rollei ou Leica.

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COMÉDIE EN BANG ORGANISÉ

De Ian Fleming, on ne retient généralement qu’il fut le père de James Bond. Un père littéraire, cela va de soi. Mais le gaillard vécut cent autres vies et publia d’autres récits que ceux brodés autour de l’agent 007. Il y eut ses reportages d’après-guerre saisis dans les capitales chancelantes de l’Occident et ce récit pour enfant, plus précisément son propre fils, Caspar, alors âgé de 7 ans. Un récit hautement fantaisiste paru en 1964, exactement deux mois après le décès de Fleming, emporté par une crise cardiaque. Chitty Chitty Bang Bang : The Magical Car était un roman-jeunesse en forme de courroie de transmission : l’idée en était venue à Fleming après qu’il eut visité le domaine de Higham Park, alors propriété d’un certain Walter Whigham.

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CHĂ‚TEAUX BRILLANTS

Les Français sont des girouettes. Voilà deux siècles, la Révolution vidait, bradait et même brûlait les châteaux. En 2020, après deux mois de confinement, ils trépignent à l’idée de les visiter. Bien avant les cinémas, les théâtres, les restaurants, les hôtels et les frontières, depuis le 11 mai, une trentaine de sites parmi les Châteaux de la Loire ont été autorisés de s’entr’ouvrir à la visite publique. Pour la plupart, cela s’est borné aux seuls parcs et jardins, ce qui était déjà fabuleux. Le château de Blois fut ainsi le premier à donner le signal d’un soulagement historique. Début juin, c’était au tour de Chambord. Entre temps, Amboise, Chinon, Villandry et quelques autres avaient rouvert grilles, portails et pont-levis. Économiquement, l’enjeu était de taille. Touristiquement, il est hautement symbolique. Classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis l’an 2000, le Val-de-Loire recense la bagatelle d’environ 3000 sites dont 22 châteaux et domaines de premier plan.

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LE MUST DU MUSK

Prévu le 27 mai 2020, reporté au 30 pour raisons météorologiques, le lancement de la fusée Falcon-9 s’est déroulé sans anicroche en Floride, depuis Cap Canaveral. Comme dans les albums de Tintin. Armée par Space X, la firme pilotée par le mégalo-milliardaire Elon Musk, cette mise-en-orbite d’une navette en direction de la Station Spatiale Internationale (ISS) s’avère la première, dans l’histoire spatiale, initiée et financée par un acteur privé. Certes, rien n’a pu se faire sans la NASA, mais l’idée de renvoyer deux astronautes américains dans l’espace pour faire la nique aux Russes n’était pas pour déplaire aux huiles suprêmes, privées de crédits. Spécialiste des coups médiatiques, comparé à un Jules Verne moderne, capable de baptiser son septième fils du prénom très portable de XAEA-12, Musk y est allé à fond. À bord de sa capsule Crew Dragon, aucune Tesla, aucun Cybertruck, aucun Hyperloop du futur du monde d’après, mais deux hommes d’aujourd’hui, en chair et os.

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