PHARES ET BALISES

Au départ étaient les lanternes en laiton rutilantes héritées du monde hippomobile. Fixés à l’extérieur et à des hauteurs diverses, ces appareils d’éclairage à l’utilité sinon décorative, tout du moins à faible portée,  équiperont dès la fin du XIXème siècle les premières automobiles Bollée, Jeantaud, Panhard-Levassor, Vallée, Renault, Georges-Richard et autres Serpollet. À lanterne, éclairage de lanterne : bougie ou huile (ou acétylène). Allumées à la main et parfois réglables en hauteur par mollette, au fur et à mesure que la bougie se consumait -so pratique !. Visibilité maximale : 2 mètres. 

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CASSE COU MAIS TOUJOURS VAILLANT

Dessinateur et scénariste culte, père de Michel Vaillant et dernier monstre sacré de l’âge d’or de la bédé, le vénérable Jean Graton s’est éteint à Bruxelles le 21 janvier 2021 à l’âge de 97 ans. Nantais d’origine, son père dirigeait un club de moto. Ce sera son premier dessin. Monté à Bruxelles à la fin des années 1940, le voici touchant chez Spirou aux Belles histoires de l’oncle Paul. Quelques saisons plus tard, Graton déboule au Journal de Tintin où, en 1953, il publie un récit, intitulé La première ronde qui a pour cadre le Grand Prix de Belgique F1 sur le circuit de Spa-Francorchamps. L’histoire plaît aux jeunes lecteurs et le journal aiguillonne habilement son auteur vers la création d’un personnage de pilote, indispensable. Ainsi naquit Michel Vaillant, brun, carré, viril, fort, courageux, loyal avec accroche-cœur sur le front.

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AUX BRASSEURS RÉUNIS

De son père, monstre sacré du théâtre et du cinéma, Claude Brasseur avait hérité et du talent et du goût des belles bagnoles et de la vitesse. Les photos montrant Pierre Brasseur au volant ou posant devant sa Mercedes-Benz 300 SL à porte papillons furent largement diffusées en leur temps par la presse. Pilier d’une dynastie de comédiens remontant à la fin du XIXème siècle, Pierre Brasseur, né Espinasse, avait pris le nom de sa mère, la comédienne Germaine Brasseur, pour attaquer la scène et l’écran.

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LE CARRÉ QUITTE LE CERCLE

Monté au ciel le 12 décembre 2020 après une vie passée à l’écriture de best-sellers parfumés au rideau de fer, John le Carré se nommait en réalité David Cornwell. Plus exactement David John Moore Cornwell. Né en 1931 d’un père décrit plus tard comme « un escroc magnifique…qui changeait de noms comme de femmes », et d’une mère ayant abandonné du jour au lendemain domicile conjugal et progéniture assortie, le petit Cornwell deviendra grand en étudiant et en décidant, après avoir envisagé d’entrer dans les ordres, de quitter l’Angleterre pour filer étudier à Berne. La Suisse de l’immédiat après-guerre a remplacé la Turquie d’avant 1939 en matière de jeux d’espions et la capitale fédérale était alors « un haut-lieu du renseignement ».

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2021: ON TOMBE LE MASQUE!

Proclamée « Revue mondiale du cinéma », Cinémonde, lancé en 1928, fera partie du ciné-paysage français pendant trois grandes décennies. Un premier temps dirigé par la talentueuse Suzanne Chantal, amie de Jean Renoir et de Marcel Carné, et qui écrira un formidable bouquin de ciné-mémoires, intitulé Le Ciné Monde et publié en 1977, le magazine, à la fois populaire et exigeant, engage les signatures de Blaise Cendrars, Pierre Mac Orlan, Joseph Kessel et celle du fameux historien du cinéma Charles Ford.

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