GAMMA GLOBULINE

Rien à voir avec la rue Gama qui lavait les couleurs plus banc que Vedette, le rayon gamma était une arme mortelle fantasmée par le cinéma et la science-fiction dans les années cinquante. Fantasmée, voire, car l’arsenal existait vraiment sous forme d’une arme à énergie dirigée, vite surnommée « le rayon de la mort ». On ne va pas entrer dans le détail, mais ce « rayonnement électromagnétique très pénétrant émis lors de transitions nucléaires » amorça une flambée de récits, films, bédés, comics ou le rayon de la mort faisait ses gammes. Une fois passée cette hystérie nourrie par la guerre froide et l’invasion belliqueuse des petits hommes verts, les choses se calmeront et on pourra voir des films comme, en 1973, De l’inluence des rayons gamma sur le comportement des marguerites, réalisé par Paul Newman, avec son épouse Joanne Woodward dans le rôle principal. Sur papier-bulles, le rayon gamma cramait tout. Publié initialement en 1952 en 45 épisodes sans Spirou, Le rayon Super-Gamma, enquête de Valhardi, rencontra un succès fou.

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DE RETOUR LES DIMANCHES À ORLY

Contrairement à ce que l’usager pourrait croire, Orly a toujours existé. En tant que ville déjà. Et en qualité d’aérodrome, mis en usage dès 1918, à seul visée militaire, le service « civil » étant dévolu à l’aérodrome du Bourget dès 1919. L’ouverture en fanfare de l’aéroport d’Orly-Sud, inauguré le 26 février 1961, à 11h. pétantes par le Général de Gaulle, marquera l’entrée de la France dans l’ère moderne avec cette aérogare Sud classée depuis monument historique. Pour l’État français, il fallait aussi aménager un cadre idéal au développement commercial de la Caravelle, bi-réacteur conçu par Sud-Aviation (futur Aérospatiale), livré en 1958 et mis-en-service par Air France en 1959. Vitrine symbole de la France au zénith de ses Trente Glorieuses, l’aéroport d’Orly-Sud sera bâti en trois ans, entre 1957 et 1960. Son architecte, Henri Vicariot (1910-1986), inconnu du grand public, signera là son plus gros œuvre.

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CAMERA AU POING

Il existe deux types de cinéma : celui réalisé par de vrais cinéastes, mis-en-scène, avec un scénario, des dialogues, des acteurs, une intrigue, et en cas de gros succès, une à plusieurs suites. Sequels en langage pro. L’autre cinéma, c’est celui d’amateur, dit aussi cinéma de papa. À tort car c’est ainsi que furent qualifiés par la Nouvelle Vague, tous les films français tournés avant 1959. Depuis l’invention de la caméra, firmes et techniciens spécialisés n’ont eu de cesse de miniaturiser la caméra et d’en vulgariser l’usage-loisir. Selon la notoriété de la marque, ces caméras coûtaient une fesse. Et comme il fallait que le petit garçon imite son papa, le métier en fit, sinon des jouets, tout du moins des caméras junior. Chaque bio ou autobiographie de réalisateur plus ou moins fameux évoque ce déclic au cinéma provoqué par le cadeau d’une caméra. Avec pellicule, siouplait. Kodak est la marque qui revient le plus souvent. Pathé aussi. Pour les plus nantis ou exigeants, c’était Rollei ou Leica.

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COMÉDIE EN BANG ORGANISÉ

De Ian Fleming, on ne retient généralement qu’il fut le père de James Bond. Un père littéraire, cela va de soi. Mais le gaillard vécut cent autres vies et publia d’autres récits que ceux brodés autour de l’agent 007. Il y eut ses reportages d’après-guerre saisis dans les capitales chancelantes de l’Occident et ce récit pour enfant, plus précisément son propre fils, Caspar, alors âgé de 7 ans. Un récit hautement fantaisiste paru en 1964, exactement deux mois après le décès de Fleming, emporté par une crise cardiaque. Chitty Chitty Bang Bang : The Magical Car était un roman-jeunesse en forme de courroie de transmission : l’idée en était venue à Fleming après qu’il eut visité le domaine de Higham Park, alors propriété d’un certain Walter Whigham.

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CHÂTEAUX BRILLANTS

Les Français sont des girouettes. Voilà deux siècles, la Révolution vidait, bradait et même brûlait les châteaux. En 2020, après deux mois de confinement, ils trépignent à l’idée de les visiter. Bien avant les cinémas, les théâtres, les restaurants, les hôtels et les frontières, depuis le 11 mai, une trentaine de sites parmi les Châteaux de la Loire ont été autorisés de s’entr’ouvrir à la visite publique. Pour la plupart, cela s’est borné aux seuls parcs et jardins, ce qui était déjà fabuleux. Le château de Blois fut ainsi le premier à donner le signal d’un soulagement historique. Début juin, c’était au tour de Chambord. Entre temps, Amboise, Chinon, Villandry et quelques autres avaient rouvert grilles, portails et pont-levis. Économiquement, l’enjeu était de taille. Touristiquement, il est hautement symbolique. Classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis l’an 2000, le Val-de-Loire recense la bagatelle d’environ 3000 sites dont 22 châteaux et domaines de premier plan.

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